• Facebook
  • Twitter
  • Google +

Toujours mal fait

Toujours mal fait - Gary Bell

À chaque fois que je veux quelque chose, c’est mal fait. À chaque fois que je demande de l’aide, je reçois exactement le contraire de ce que je demande. Si j’ai besoin qu’on me donne un coup de main pour gagner des sous, les gens s’acharnent à m’enlever mes contrats, et surtout, m’empêchent de trouver de nouveaux contacts. Si je veux qu’on me permette de voir l’âme sœur que j’ai découvert il y a peu de temps, je dois absolument être sous l’effet de tellement de drogues, que je vais croire, en revenant à moi, que ce n’était qu’un rêve, et je ne pourrai pas me rappeler de la majorité des détails de la rencontre. Tout est encadré : de mon épilation au laser qui doit absolument, soit coûter plus cher par rencontre que les autres, ou être allongé le plus possible pour que je finisse par payer plus de sessions que nécessaire, à mon choix d’emploi qui doit absolument être filtré, au préalable, par ce groupe de gens qui détruisent ma vie, aux contacts que je peux avoir avec la personne avec qui je suis en amour. C’est fatiguant de devoir rendre des comptes à des gens à qui je ne peux même pas parler directement, pour ensuite me faire enlever, toujours, sans exception, ce qui me donne même juste une petite goutte de bonheur dans ma vie, et ensuite, me faire accuser d’être coupable de ce qui se passe. Selon eux, je ne suis pas la victime, même si c’est moi qui se fais faire tous les actes illégaux qui existent (sauf le meurtre, bien sûr). On me traite d’esclave, de marionnette, de chien ou de chat, et ensuite, on me fait du dommage si je n’obéis pas, car ils ne veulent pas admettre que je suis en fait une personne libre à part entière avec tous les mêmes droits que les autres canadiens.

Mais, en même temps, ils annoncent à qui veut bien l’entendre qu’ils font exactement ce qu’il faut pour me maintenir de bonne humeur, et s’assurent que mon niveau de satisfaction soit élevé. C’est tout le contraire. Je vis une dépression sévère et profonde, et ma satisfaction avec ma vie est aux alentours de zéro. Rien ne me garde en vie, sauf leur acharnement de m’empêcher de mourir. C’est comme si je n’étais rien de plus pour eux que la souris que le chat vient d’attraper qui souffre de l’empoisonnement et de la demie paralysie des bactéries de la salive du chat et qui doit tolérer que le chat joue avec elle jusqu’à ce qu’elle meure.

 

The author:

author

Hummmm. Comment me décrire ? Réfléchi ? Non, ça fait trop sage. Introspectif ? Non, ça c’est pire. Mes amis diraient un tantinet ennuyant, et casse-pied aussi sans doute. Mais gentil, drôle et surtout fiable. Cette espace, je le partage avec vous lecteurs, en espérant un échange non-censuré et sans jugement.